Rétrospective Carlos Ruiz Zafón

La semaine dernière, on a parlé de cinéma espagnol. Alors cette semaine, cap sur la littérature espagnole avec un des plus grands auteurs contemporains !

Carlos Ruiz Zafón est né en 1964 à Barcelone, et la majorité de ses romans sont empreints de l’ambiance barcelonaise sombre de la période franquiste (la guerre civile, et tout ce qui a suivi jusqu’à la fin du Général Franco, en 1975). 

Il commence sa carrière avec Le Prince de la Brume, publié en 1993, un roman court mais intense où le réel le dispute à la fantasmagorie. L’histoire se déroule en 1943. Fuyant la guerre, les Carter, le père, la mère, la fille et le fils, se réfugient dans une belle et grande maison de station balnéaire sur la côte anglaise. Rien que du normal jusque là, mais voilà, les Carter ne sont pas réellement seuls dans cette maison, et Max et Alicia, les enfants, curieux et intrépides, vont vite se rendre compte qu’une ombre les menace. J’ai adoré cette atmosphère sombre, trouble, à la fois parfaitement représentative de l’époque de l’histoire, mais aussi marquée par le gothique et le merveilleux. Attention, si vous êtes facilement impressionnables, la lecture de ce roman va vous faire trembler … Je me rappelle avoir sursauté à plusieurs moments, mais c’est également cela qui fait le charme de l’auteur !

Le Prince de la Brume est le premier tome d’une trilogie appelée Trilogie de la Brume, mais chaque tome peut être lu séparément. Le deuxième tome est Le Palais de Minuit (1994), que je n’ai pas encore lu, alors si vous, vous l’avez lu, n’hésitez pas à m’en parler ! Le troisième volume, Les Lumières de Septembre, sorti en 1995, est de même que les deux autres empreints de fantastique, de suspense et de tensions.

Sorti en 1999, Marina est le genre de roman brise-cœurs, sublime, profond, poignant. Dans la Barcelone des années 80, le jeune Óscar fait la connaissance de l’inoubliable Marina, qui lui fera découvrir les zones obscures et magiques de la capitale catalane. Je crois bien avoir versé quelques larmes sur ce roman …

Mais voilà qu’on en arrive à la plus grande oeuvre de Carlos Ruiz Zafón, la série du Cimetière des Livres Oubliés … ! Ici aussi, chacun des volumes qui compose l’univers littéraire du Cimetière des Livres Oubliés peut être lu séparément des autres. Néanmoins, on est d’accord, c’est toujours bien de lire une série sachant ce qu’il s’est passé avant ? Le premier volume publié (2001), L’Ombre du Vent, nous présente le personnage de Daniel Sempere, dont la vie est inextricablement liée au destin de la Barcelone des années 40 et 50 et à ses auteurs maudits, tel David Martín ou Julián Carax.

Le Jeu de l’Ange ouvre une autre porte sur cette ville où tout se côtoie, le merveilleux comme l’horrible, le bon comme le mauvais, en racontant l’histoire de David Martín.

Le Prisonnier Du Ciel, le dernier paru, en 2011, poursuit cette exploration splendide d’un monde entre réalité sordide et fantastique, en terminant le récit de la vie de Martín, influençant la vie de Daniel à des décennies d’écart. L’Ombre du Vent a reçu en 2004 le prix du meilleur livre étranger en France, et en Espagne, le Prix des lecteurs de la Vanguardia.

Le style littéraire emporte sans crier gare, les personnages deviennent nos meilleurs amis ou nos pires cauchemars, on pleure, on rit, on tremble … Vraiment, des lectures que je vous recommande vivement !

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Dévoreuse de romans et de séries télés, accro au cinéma. Scribouilleuse passionnée. Trois articles par semaine. Facebook : https://www.facebook.com/laplumedunet Twitter : https://twitter.com/RaphaelleSENNA

1 Comment on Rétrospective Carlos Ruiz Zafón

  1. Encore une fois, excellent choix!!! Et autant tu as été parfois un peu superficielle sur certains dossiers, là on sent qu’ils t’ont prise aux tripes ces romans, qu’ils ont débusqué des démons qui dormaient en toi et qu’ils ont fait vibrer des cordes sensibles. Evocation vibrante de ces univers opaques, de ces destins mêlés, de ces écorchés emportés dans la tourmente… Ah! Barcelone, cette ville a quelque chose. D’autres auteurs – barcelonais tombés tout petits dans la marmite – en ont fait la pieuvre qui habite leur oeuvre, le décor tentaculaire qui meut les personnages autant que ces derniers s’y meuvent: Juan Marsé (El embrujo de Shangai, Si te dicen que caí…) ou encore Eduardo Mendoza, dans un tout autre genre (Sin noticias de Gurb…)

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